Ca va mieux ?

Posted in Délires analytiques on mars 12, 2008 by Lui-là

“Bonjour Jeune Homme! Mon petit doigt me dit que vous allez prendre la 8…”
Et elle rigole, comme d’hab…

Mais non espèce de barge, elle ne parle pas ta machine, arrête de la regarder comme ça. Insert coins. Début de cycle.

A quoi vais-je bien pouvoir pensé ? Rien de très fun en ce moment… “ce moment” pouvant aisément être remplacé par “comme toujours”… non, je suis pas dépressif… juste un peu pessimiste… peut-être aussi que j’ai réellement une vie de merde, donc dur d’être épanoui…

J’espère que ça ne se voit pas trop.
Vous savez,  comme ceux qui ont une vie tellement merdique qu’elle s’est imprimée sur leur tête et leur colle à la peau. C’est triste. Le genre de personnes que tu fuis quand t’es heureux, de peur qu’elles te dépriment; et après qui tu cours quand t’as un problème en espérant que les leurs soient bien pires.

” – J’ai loupé un entretien à cause de s’te foutue grippe.
- Ma femme s’est faite faucher par une voiture en allant au sien.
- ah quand même… “

Et là tu te dis : bah mon pauv’ vieux, tu ferais bien d’arrêter de te plaindre, t’es pas si triste que ça ! Ça pourrait être pire ! Regarde ce pauv’ gars et sa femme, si ça se trouve en plus il l’aimait !
Et tu prends ton pied. Comme un con. Aucun scrupule, la conscience au beau fixe.
Tu te sens mieux et tu rentres chez toi pendant que l’autre va à son enterrement.
Si t’es vraiment pourri, ça te ferait même chier de le recroiser ce type.
Tu te sentirais obligé de lui demander si ça va.
Et pour peu que ce jour là tu sois de bonne humeur, il te bousillerait ta journée en 5 minutes.
Il te raconterait que sa femme étant au chômage il touche presque rien, qu’il survit avec les assedic, que le conducteur de la voiture était le type avec lequel elle devait passer son entretien, la veille du mariage de leur fille, et que bien sur, le conducteur était pas très frais parce que justement il avait passé une nuit blanche dans le lit de leur fille, le blues de la future mariée etc… enfin que des trucs gais…

Ouais, bah vivement un petit rayon de soleil. La pluie, ça me rouille le cerveau.
Arrêt cuve pleine. Clope.
Non. Parapluie, puis clope.
Je garde une lueur d’intelligence. On est sauvés. Surtout moi.

RAS

Posted in Délires analytiques on mars 12, 2008 by Lui-là

Salut.
Allo ?
J’ai dit “Salut”…
Hé la 8 ? tu te réveilles ?

Bon, Ok.
J’ai compris.
T’as mal pris le fait que je t’éteigne d’un coup hier c’est ça ?
T’es susceptible hein ?
Fais pas la tronche, c’était juste histoire de rigoler.

Ok, c’était histoire que tu te taises. C’est de ma faute ! J’ai un peu de mal à me remettre en question comme mec… mais je te remercie de cette surprenante discussion, j’y ai réfléchi.
Je suis sûr que tu veux savoir ce que j’en ai pensé ! Non ?

Parce que j’ai vraiment beaucoup réfléchi. J’ai tout remis en question, et je pense que tu as raison… Que je ne suis qu’un gros lâche… Ok, je ne deviendrais certainement pas Indiana Jones… mais entre lui et ma vie actuelle, je devrais pouvoir trouver un juste milieu… me faut encore un peu de temps… préparer mon envol et tout ça… et puis savoir où je vais aller, pour y faire quoi etc… enfin bon, je dois y réfléchir… c’est déjà mieux qu’hier, tu trouves pas ?

Allo ?


Je dois me faire une raison n’est-ce pas ? Tu n’es qu’une machine et l’épisode d’hier serait… comment dire… une hallucination, une illusion de l’esprit, une construction mentale ? Tu ne parles pas… J’en suis presque étonné alors qu’il y a encore deux jours jamais je n’aurais pu en douter… Bon, arrêt cuve pleine, je vais sortir fumer une clope. Ca me fera du bien…

Paaaaars

Posted in Délires analytiques on mars 12, 2008 by Lui-là

Aujourd’hui, c’est pluie.
Le sac dégouline, rempli d’un linge volontairement sali.
J’en serais presque à me changer 4 fois par jour, rien que pour trouver une raison valable de retourner faire une machine…

“Bonjour Jeune homme ! Prêt pour un…”
“Oui, la 8″

Je suis de mauvais poil, comme mon pull beige, celui qui gratte.

Sortir linge. Mettre linge dans tambour. Fermer tambour. Mettre lessive. Insert coins. S’asseoir. Décollage imminent. 3, 2, 1…

Le vombrissement de la machine commence à couvrir le martèlement des gouttes sur le bitume. La pièce est vide et la constance des bruits la rend presque silencieuse. Je me sens seul, et je le suis. Ca mousse, ca tourne. Dans la machine, et dans ma tête. Et ca grise, sévère même. Je suis peut-être un peu cyclothymique comme mec. La pluie, le froid, le vent, les parapluies noirs, les fringues noires, enfin tous ces trucs gais… Mon estime de moi disparait en même temps que la crasse fictive de mes fringues.

Pourquoi suis-je là ? Suis-je fou ? Combien de mec normaux prennent leur pied devant une machine à laver ? Comment puis-je y trouver un quelconque plaisir ? Ca m’évade. Pas d’ma faute. Certains ont besoin de musique ou d’un joint pour rêver, moi c’est de voir une machine tourner. C’est mon billet low cost pour Illusion Land. Je fuis mon quotidien, et ce con me rattrape toujours.

La 8 se met à me parler. Entre deux vidanges, elle me sussurre “Paaarrrrs“.
Mais partir où ? Et comment ? Et pourquoi ? Loin ?

” Pauvre lâche…”
Du calme la 8 ! Je te file à bouffer tous les jours ! Un peu de respect, rien qu’un peu… je suis comme ton… comme ton… Maitre ! Oui, je suis ton Maitre !

“Tu n’es même pas maitre de ta propre existence…”
Je suis un homme très indépendant, personne ne me dit ce que je dois faire, je décide tout tout seul ; alors ta psycho de comptoir…

“Petit, tu rêvais d’avoir pour seule distraction quotidienne de me faire tourner ? Macro de machines à laver, c’était ton idéal…?”
Pas exactement… Non, bien sur que non… Mais je suis heureux là!

“Il y a deux minutes, tu n’en étais pas aussi certain… Arrête de te mentir… Ecoute toi…”
Je voulais être Indiana Jones… voyager, découvrir et sauver l’humanité… rien que ça… j’ai l’air con…

“Tu l’es. Tu es con et très loin de tes rêves. A moins que tu trouves une relique cachée sous ce sol, t’es plutôt mal barré…”
Mais personne ne devient Indiana Jones. C’est des conneries, de la fiction, du rêve commercial ! Personne ne peut y croire vraiment ! J’ai une discussion avec une machine à laver, je pense être déjà assez atteint comme ça…

Paaaars
T’es folle… et puis tu y connais quoi toi au sens de la vie et tous ces trucs métaphysiques ? Un vieux tas de ferraille pourri, dans une ville pourrie, une rue pourrie, un lavomatic pourri qui se prétend philosophe ? J’ai peut être une vie de merde, mais je ne pense pas que la tienne soit bien plus gaie.

” Pourtant elle l’est. Je suis une machine. Mon créateur m’a condamné à ne jamais bouger, quels que soient mes rêves et aspirations. Mais toi, tu t’es condamné toi-même. Tu es ton meilleur bourreau et ta pire victime. Libère toi de tes chaînes, Paaaars
Quelles chaînes ? Quelle victime ? Quel rapport entre toi et moi ? Bon, stop, marre de tes délires, j’y comprends rien. La discussion est terminée.

“Je t’ai conseillé de partir, pas de fuir. Et …”

ARRET
Ça fait du bien. Mes fringues ne sont pas rincées, tant pis.
Je la regarde. Elle ne bouge plus. Le concert humide de la rue reprend. Ploc, Ploc, Ploc, Shiiiiiiisssss, Ploc, Ploc…

Transifugeuse

Posted in Délires analytiques on février 1, 2008 by Lui-là

Mes 43 heureux élus dans la 8, je m’assois devant, sur le blanc bleu.
Je fixe le hublot et me détends tandis que la cuve se remplit.

Ça commence à tourner… je commence à m’évader…. Ça s’arrête, je décroche. Je ne suis pas assez concentré. Ca recommence à tourner… dans le sens inverse… Je m’évade… Ça s’arrête. Je l’ai à peine noté. Ca tourne… je m’évade… ca s’arrête, même pas remarqué. Je suis vampirisé par ce mouvement… aspiré par une force centrifuge invisible… fixé dessus mais ne vois plus… je pense aux métro, au cinéma, aux arrêts de bus… je pense au masque, au CAC40, à mon PQ… je pense à ce déodorant, à leurs rires, à la balançoire, au classement, à la soirée, à sa tapisserie… je pense au départ… arrêt cuve pleine.

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Je redescends… j’entends, je sens, je vois, je réalise, je suis là…. Marche. Je sors fumer une clope et laisse décanter mes pensées… Rinçage. J’attends… Essorage. Vite, vite, vite, vite, plus VITE !… Je déconnecte, je ne suis pas disponible pour le moment laissez un message après le bip… et si ils s’en foutaient ? et si c’était pas du polyester ? et si nous n’avions plus le choix ? et si le rideau tombait ? et si je mettais du détergent ?… Cycle terminé…. Ce fut jouissif.

La 8, entre la 3 et la 6

Posted in Jusqu'ici on février 1, 2008 by Lui-là

Ma préférée c’est la 8.

Elles se ressemblent toutes, mais la 8 elle est plus nerveuse, plus robuste, plus performante et moins bruyante. Je le sais, je les ai toutes faites. La 8 elle est au top.

Quand j’arrive maintenant, la dame elle me dit…

“Bonjour Jeune Homme! Prêt pour un petit tour de manège? Mon petit doigt me dit que vous allez pendre la 8… n’est-ce pas ?”

Et elle se marre. Moi non, ca ne me fait pas rire, mais c’est marrant que ça la fasse rire, donc parfois je rigole quand même. Et je vais devant la 8.

J’ai jamais compris pourquoi elle est entre la 3 et la 6. Ca donne 123864759. Le mec qui posait les stickers devait se boire un coup entre chaque. Il arrive sobre, boit un whisky, démarre plutôt bien, mais après la 3 il en est à son 4ème et il déconne. Le mec qui a posé les stickers est vraiment bourré au bout du 4ème verre. J’espère pour lui qu’il ne sera jamais embauché sur le Salon de l’électroménager, il nous ferait un coma éthylique le pauvre vieux.

Un jour, un Jeudi, une nana avait pris la 8. En plus d’être sans gêne, avec visiblement un manque de respect total pour les habitudes d’autrui, elle était laide. Vraiment laide. Tellement laide que j’ai failli lui dire qu’elle perdait son temps, que même des fringues propres ne changeraient pas le Problème. Cette fille n’avait pas rien de beau, mais tout de moche. Je sais pas si vous voyez la nuance, c’est que vraiment tout était raté. J’aurais peut-être pu la mettre dans un tambour, cycle énergique. Ca aurait remis un peu d’ordre dans son bordel facial. Et encore.

Donc la dame, elle a bien vu que j’étais déprimé et énervé. Elle m’a proposé la 2 (trop lente), la 6 (trop bruyante) et la 9 (trop vibrante). J’ai refusé, je voulais la 8. Le processus addictif avait commencé.

Depuis, elle me garde toujours la 8. Elle met un écriteau “Hors Service”, et personne n’en doute. C’est dingue ça, les gens croient toujours les écriteaux, sauf ceux des SDF.

Essayez! Suffit de mettre un “Peinture fraîche” sur un banc dans un jardin public. Tous les jours, les mêmes vont passer devant pendant la pause-déjeuner et se trouver un autre banc. Là où c’est interessant, c’est qu’au bout de dix jours, pas un seul se sera dit que la peinture devait être sèche.

Si je me mets un panneau “Je suis millionnaire” sur la tête,  je devrais serrer plus non ?

Vous êtes pour le tri des couleurs ?

Posted in Jusqu'ici on février 1, 2008 by Lui-là

Vers la mi-Avril, je commence à reconnaître les habitués. On vient tous à la même heure, 19h. Ca nous laisse 4h pour ressortir avec nos fringues propres, fraîcheur printanière. Les habitués c’est un peu comme mes copains, je ne leur ai jamais parlé certes, mais c’est tout comme . Faut dire que c’est pas facile d’engager la conversation…

“Ah vous faites un pré-lavage vous aussi ?” ou ” J’adore votre pull! Il tourne vite là mais il a l’air vraiment bien.”…

Le “Vous venez souvent ici?” est inutilisable. Si tu dis oui, soit t’as rien à te mettre, soit t’es un maniaque. Si tu dis non, soit t’as un dressing blindé (donc du fric, donc t’es pas ici), soit t’es un gros dégueu.

Franchement, c’est pas top pour créer du lien social. Un peu comme les salles d’attente…

” Vous êtes là pourquoi ? … ah une tumeur, je comprends… Moi? Un cor au pied”…

Pourtant j’ai envie de leur parler hein, je me dis qu’après tout, on a quand même un point commun dans nos emplois du temps, c’est du lien social ça, non?

Je rêve d’un mec à poil, d’une crise d’épilépsie ou d’une bonne grosse baston. Un évènement qui casserait la routine, nous décrocherait de nos tambours respectifs, un truc inhabituel qui nous donnerait un sujet de discussion. Y’a pas quelqu’un qui veut venir se tirer une balle 13 rue des Diaconèses ?

9,5

Posted in Jusqu'ici on février 1, 2008 by Lui-là

Au début, j’y vais deux fois par mois, soit 8 slips (je suis célibataire je fais ce que je veux), 19 chaussettes (une en trop ou une en moins, je sais pas), 2 jeans, 9 t-shirts / chemises et 5 polos. Je compte bien tout, 43 pièces à chaque lavage.

C’est la dame à l’entrée, elle me dit toujours…

“Faites votre inventaire, revérifiez tout avant de partir parceque M. Poisson mardi dernier il s’est fait volé une cravate, et la p’tite Madame Kirkel, si gentille, bah on lui a volé un bas! Vous vous rendez compte, c’est ti pas croyable toute cette délinquance…”.

Ouais…
Le voleur voulait surement se faire un hold-up ou truc dans le genre, le bas sur la tête et la cravate pour baillonner un pauvre type qui était “au mauvais endroit au mauvais moment”. Ou peut-être un couple de cléptos…

“Chéri, on va se faire un p’tit lavomatic? Tu veux quoi aujourd’hui?”

N’empêche je suis devenu parano, je n’ose plus faire mon lacet de peur qu’une de mes chaussettes se fasse la malle. Ca me ferait un compte rond, 9 paires. Mais je préfère 9 paires et demi. On sait jamais si je perds une chaussette, au moins il me restera 9 paires.

Alpha

Posted in Jusqu'ici on février 1, 2008 by Lui-là

Je suis devenu lavomaddict.
Addict au lavomatic.
Celui de la rue Diaconèses, au numéro 13. Le grand, avec ses néons blafards et ses bancs bleus. Il sent l’eau de javel, celle qu’ils mettent sur les sols. Ca le fait pas un lavomatic crade, donc il est propre.
Comment je suis devenu accro à ce truc ? J’en sais rien.
Tout a commencé il y a un an…

Début Janvier, je m’installe dans un petit studio. Un studio c’est petit, mais celui-là c’est un petit petit studio, 18m². Pour un mec seul, c’est presque trop. Mais pour un mec seul, bordélique et allergique au ménage, c’est jamais assez. La crasse se condense, s’amoncelle, forme de petit tas gris, se collant sur les restes de liquides renversés. Je vous entends d’ici…

“Baaaah c’est dégueulaaaasse”.

Moi, ca ne me choque pas. Quand je renverse mon cendrier, je pense à mon grand père…

“Tiens Papy, salut!”

Je vais quand même pas torcher mon grand père, bande de tarés.
Pour les fringues, c’est la galère. Je n’ai pas de machine, et même si j’en avais une, je ne sais pas l’utiliser. Je vivais avec une fille pendant cinq ans, ses parents nous faisaient les lessives. C’était cool, le bon vieux temps. Elle m’a largué, me laissant seul avec mes tâches. Elle s’est barrée avec mon meilleur pote. Avant c’était toujours lui qui avait des fringues crades, maintenant c’est moi. Enfin on se voit plus hein, faut pas me prendre pour un con. On a gardé contact, il m’envoie tous les mois une photo d’eux en train de s’envoyer en l’air, un billet de 10 € et un petit mot…

“Tiens, c’est pour le lavomatic, je te souhaite d’y croiser une nana aussi bonne que la mienne!”

Bon, au début, j’étais plutôt rancunier. Je l’aurais mis dans la machine en mode Essorage sans scrupules. Mais je suis sympa comme mec, alors maintenant je prends son fric et je mets les photos dans un album. C’est pour le jour où elle se tirera avec son meilleur pote, je lui enverrai, en souvenir.

En Mars, je me décide à chercher un lavomatic. Faut dire que le panier linge sale est introuvable. Caché sous le linge. Et surtout je suis à poil. Je suis pas pudique, mais quand même. Et je me dis…

“Merde mon p’tit gars, t’as jamais vu de lavomatic dans le coin”

Je vais voir sur Internet et je trouve “Lavomatic des Diaconèses, 13 rue Diaconèses”. Pourquoi les mecs se creusent pas un peu plus la tête pour trouver un nom? Moi j’ai un lavomatic, une épicerie, une cordonnerie… n’importe quoi, bah je lui cherche un nom fun, marrant, qu’on ai envie d’y venir! Imagine que les parents fassent pareil, celui qui né dans la chambre “Orchidée” ça va encore, mais le pauvre vieux qui sort dans “Chrysanthème”, il est foutu. La rue Diaconèses, c’est où ça? Plan intéractif “Prendre à droite, tout droit, prendre à droite, tout droit”. Ok, c’est la rue derrière chez moi. Je devrais trouver facilement. Ouais parceque hein faut pas me prendre pour un con.

J’ai pas tout emmener. Me suis dit que si fallait payer au kilo, mon salaire y passerait. J’ai pris un petit sac, l’équivalent d’une journée de RTT.

Je reste devant les vitres, dehors. J’observe, je suis prudent comme mec. On dirait un laboratoire. C’est juste grand, juste vide, juste blanc, juste froid voire glacial, juste bruyant. C’est morbide. Je suis sûr que les possesseurs de machines à laver ont un taux de suicide moins élevé que les autres. Et la gueulle qu’ils tirent tous… Je peux toujours faire marche arrière, mais c’est pas dans ma micro douche que je vais me tartiner 3 mois de lessive. Et puis maintenant que je suis là hein, faut pas me prendre pour un con.

Je suis rentré, ce fut mon premier contact avec le lavomatic du 13 rue des Diaconèses, mon premier shoot, première taffe. Je n’étais pas encore addict. Ca n’allait pas tarder…